Je ne sais pas chanter, alors j'écris ! Pas sûr que ce soit mieux.... Vous trouverez ici de tout et de rien, des articles qui vous surprendront, vous intéresseront, peut-être même vous découvrirez des choses que vous ignoriez, et puis d'autres sans aucun intérêt. Il y en a pour tous les goûts, même les plus mauvais...BONNE LECTURE..............Je ne sais pas chanter, alors j'écris ! Pas sûr que ce soit mieux.... Vous trouverez ici de tout et de rien, des articles qui vous surprendront, vous intéresseront, peut-être même vous découvrirez des choses que vous ignoriez, et puis d'autres sans aucun intérêt. Il y en a pour tous les goûts, même les plus mauvais...BONNE LECTURE..............Je ne sais pas chanter, alors j'écris ! Pas sûr que ce soit mieux.... Vous trouverez ici de tout et de rien, des articles qui vous surprendront, vous intéresseront, peut-être même vous découvrirez des choses que vous ignoriez, et puis d'autres sans aucun intérêt. Il y en a pour tous les goûts, même les plus mauvais...BONNE LECTURE..............
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vendredi 9 novembre 2018

Avant ou...après ?

Dans ce billet, inspiré d'un panonceau apposé sur des toilettes publiques,  je vais aborder une question philosophique qui agite le microcosme depuis toujours.
Je précise que le sujet d'aujourd'hui concerne directement et uniquement les hommes, du moins sous cet aspect…

Posons le problème : doit-on se laver les mains APRES être passé aux toilettes ?

La question peut paraître anodine et le réponse évidente, en réalité c'est un sujet extrêmement complexe. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer le comportement des hommes se rendant aux toilettes, et quel meilleur endroit pour mener cette enquête que les pissotières bondées d'une aire d'autoroute ? De mes observations personnelles, il ressort que les pisseurs peuvent être classés en 4 catégories. 

Commençons par un petit cours pratique. 
Que se passe-t-il quand un homme entre dans un lavatory ? Tout d'abord, il repère du regard l'urinoir qui lui convient, c'est à dire celui qui ne se trouve pas à côté d'un autre déjà occupé, ceux se trouvant en angle étant les plus recherchés. En effet, les séparations
ne  sont pas toujours très hautes et on a souvent une vue plongeante sur ce qui se passe à côté. C'est la raison pour laquelle certain préfèrent l'intimité d'une cabine où ils s'enferment à double tour, à l'abri des regards indiscrets. 

Arrivé devant l'urinoir, l'homme abaisse sa braguette et plonge la main dans son pantalon à la recherche de ce qu'il faut bien appelé sa bite. Il l'a sort précautionneusement, généralement en la tenant entre le pouce et l'index, parfois avec un léger fléchissement des genoux pour aider à la manœuvre, puis la décalotte car il faut être décalotté pour uriner proprement, sinon c'est l'arrosage dispersif assuré, le pantalon et les chaussures n'en sortiront pas indemnes...

L'homme qui urine garde la tête bien droite en observant avec attention le carrelage, les pastilles de désinfectant au fond du sanitaire, voire son jet, mais en aucun cas il ne regarde ce qui se passe à côté, le tout en silence. L'homme qui pisse ne parle pas.
Une fois sa miction terminée, il secoue vigoureusement son engin et le rengaine avec toujours ce petit mouvement de fléchissement des genoux.

C'est à ce moment que nous entrons dans le vif du sujet :



-Ceux qui se lavent les mains après

Qu'y-a-t-il de sale dans tout ça ? A moins d'être un gros dégueulasse, le contenu de votre slip est général propre. En tout cas, il est au moins autant sinon plus que le cuir chevelu par exemple. Or, vous lavez-vous les mains après vous êtes gratté la tête ? 
Reste la possibilité de s'être pissé un peu sur les doigts, ce qui n'a rien de sale. Si l'urine n'est pas stérile, elle contient très peu de microbes.
Donc, se laver les mains APRES avoir uriné ne présente aucune obligation sanitaire, sauf à se rincer les doigts si vraiment vous vous êtes pissés dessus.
C'est juste politiquement correct, la peur d'être regardé de traviole si vous ressortez directement sans passer par la case lavabo.
Par contre, si vous vous vous lavez les mains, faites attention en sortant. Ne prenez pas la poignée de la porte à pleines mains, vous recueilleriez les bactéries éventuelles qui s'y trouvent, déposées par ceux qui ne se sont pas passés au lavabo et ruineriez ainsi l'effet du lavage…

-Ceux qui se lavent les mains avant :

Se laver les mains avant peut surprendre, pourtant en y réfléchissant ce serait bien plus logique. En effet, avant d'entrer dans les toilettes, vos mains se sont souillées de bactéries voire de virus qui grouillent tout autour de nous, en serrant d'autres mains douteuses par exemple, ou en touchant des rampes d'escaliers, en feuilletant des revues chez le médecin, bref, ces bébêtes sont un peu partout. Si on part du principe que vos parties intimes sont propres, il serait donc souhaitable de laver vos mains avant de les toucher. Or rares sont ceux qui se lavent les mains.

-Ceux qui se lavent les mains avant ET après :

Tout ce qui précède reste d'actualité, mais certains hypocondriaques estiment que se tripoter le zizi exige de se laver vigoureusement les mains aussi bien avant qu'après afin de ne prendre aucun risque. Là, on n'est pas loin du TOC… Et je me demande comment font ceux-là lorsqu'ils se soulagent le long d'un arbre, ce qui arrive souvent à tout homme
normalement constitué…
Et imaginez l'horreur pour eux lorsqu'au bureau, à la sortie des toilettes, un collègue leur tend la main avec un grand sourire...

Essayons de tirer une conclusion. 

On voit que sur le strict point de vue de l'hygiène, le lavage des mains après avoir pissé ne présente aucune obligation, on peut très bien s'en passer sans pour autant mettre sa santé en danger. 
 Alors pourquoi l'idée que le sexe est sale est-elle si largement répandue ? 
Faudrait-il chercher du côté de cette sacro-sainte éducation "judéo-chrétienne" qui nous fait croire que dans notre société tout ce qui touche au sexe est tabou ? 

A vous de voir…

Quant à moi, je vais réfléchir tranquillement à mon prochain billet où j'aborderai cette autre question existentielle : 



mardi 12 juin 2018

Un voyage compliqué...

Depuis longtemps, nous étions convenus de nous retrouver au cimetière d'Arthel afin d'accompagné notre tante José vers sa dernière demeure.
Evidemment, pour moi, ce voyage demandait un peu d'organisation, et pour ça, l'avion s'imposait. J'avais donc retenu mes billets de longue date (ce qui permet d'obtenir des tarifs avantageux), départ prévu le matin à 7H30, pour une arrivée à Orly a 8H30, et retour le soir à 22H30.
Simple non ?  
Oui, sur le papier…
En réalité, les choses ne se sont pas passées tout à fait comme prévu. Loin s'en faut…

Vendredi 16H

Un sms tombe en provenance d'Easy Jet :
"Nous regrettons de vous informer que votre vol n° 4074 Paris-Orly est annulé"…
Suivent des explications pour soit se faire rembourser, soit trouver un autre vol et se faire héberger à Paris la nuit de samedi à dimanche. Je choisis un vol dimanche matin et j'essaie de contacter la compagnie pour les modalités l'hébergement. Au bout d'une bonne heure, j'ai quelqu'un au fil qui me dit qu'il faut attendre samedi pour faire la demande d'hôtel. Bon, j'appellerai donc demain…

Samedi 4H

Debout ! Je n'aime pas courir quand je pars en voyage, et encore moins quand il s'agit de prendre l'avion. Je me prépare et prend tranquillement mon petit déjeuner…

Samedi 5H

Je me dirige vers l'arrêt de bus. Il y a environ 20mn de trajet, je consulte les horaires.
Horreur !
Le 1er bus passera à 6H et me déposera à l'aéroport à 6H40. La fin de l'embarquement étant prévue à 6H30, y'a comme un problème… Pas de panique, j'ai plus d'une corde à mon arc. A 500m, il y a une station "vélo bleu". Je suis abonné, donc je vais récupérer une bécane et zou ! direction l'aéroport à une 20taine de minutes de pédalage.
Horreur !
Malgré tous mes efforts et plusieurs tentatives, impossible de débloquer un vélo. 

Samedi 5H15

La situation est critique. Pas de bus, pas de vélo, et où trouver un taxi à cette heure ? Reste une solution : Je pars au petit trop sur l'avenue du bord de mer, déserte à cette heure. Il y a 7km d'ici l'aéroport dont j'aperçois le bout des pistes sur la mer au loin sur ma droite. En soutenant une bonne cadence, je peux les abattre en une heure et arriver à temps pour l'embarquement. Me revient en mémoire une technique apprise à l'armée, la marche commando, on court pendant 100M, on marche rapidement les 100M suivant, et ainsi de suite selon le bon principe qui veut que lorsqu'on veut aller loin, on ménage sa monture.
 Mais au bout de quelques hectomètres je comprends que ça va être difficile d'arriver dans les temps, surtout qu'il faut rallier le terminal 2, 10 mn avec la navette, beaucoup plus à pied.
Reste une dernière option : le stop. Tout en continuant ma marche commando, je lève le pouce, mais les rares conducteurs qui passent à cette heure me jettent un regard torve et filent. Je commence à perdre espoir quand soudain une petite auto stoppe le long du trottoir. Au volant, une femme dont j'apprendrai plus tard qu'elle part faire des ménages dans des bureaux. Et elle passe devant l'aéroport. J'embarque…
Sauvé…

Samedi 6H

Ma conductrice, que je remercie chaleureusement, me laisse devant l'aéroport en me souhaitant bon voyage. J'ai retrouvé ma sérénité, je suis largement dans les temps…

Samedi 7H30

Calé dans mon fauteuil, allée 11 fauteuil F, ceinture bouclée, je me détends enfin…
J'ai tort…
La voix suave de l'hôtesse nous annonce que suite à une grève des contrôleurs du centre de Marseille, nous décollerons avec ½ H de retard et que nous atterrirons à Orly à 8H50.
Francis va devoir m'attendre et notre rendez-vous à Arthel à 11H à du plomb dans l'aile…

Samedi 8H35

Le pilote a mis le turbo et nous avons regagné un peu de temps. Dès ma sortie de l'avion, je fonce dans les couloirs, téléphone à l'oreille pour prévenir Francis. Soudain un bouchon me ralentit. Je double tout le monde par la gauche pour tomber sur un barrage de gendarmes qui me stoppe net. Que se passe-t-il ? 
Oh, rien de grave, juste une alerte à la bombe
Nous devons attendre que le colis suspect soit pris en charge par les services de déminage. Heureusement, ça va assez vite et à 9H15, je rejoins mon frère. Le temps de s'extirper des parkings, de rejoindre l'autoroute, il est 9H30. Inutile de dire que pour notre rendez-vous, c'est plié…

Samedi 10H30


J'ai prévenu la famille que nous ne serions pas à l'heure au rendez-vous. Je prends le temps d'appeler Easy-Jet pour cette chambre d'hôtel. Cette fois, on me dit qu'il faut appeler après-midi…Super…

Samedi 12H30

Nous arrivons au petit cimetière d'Arthel et surprise, les deux employés des pompes funèbres ont attendu que nous arrivions. Très sympa de leur part.
Nous nous réunissons pour déposer l'urne contenant les cendres de José. C'était un moment d'instance émotion et de recueillement. Dans cet environnement paisible, entourée de champs et de forêts, Elle va désormais reposer près de ses parents, pour l'éternité. 

Samedi 14H

Nous nous sommes tous retrouvés à Prémery dans un resto bien sympa. C'était l'occasion de discuter ensemble, chose que nous n'avions pas fait depuis bien longtemps.
Je rappelle Easy Jet. Maintenant, mon correspondant me dit qu'il me faudra aller au bureau de la compagnie à Orly pour trouver une solution. J'ai l'impression qu'on me mène en bateau, mais comment faire autrement ? Je décide d'aller à ce bureau une fois à Orly, en espérant que ce bureau sera encore ouvert quand nous arriverons.
Après le resto, nous retournons à Arthel et passons un bon moment autour de l'étang. Un moment très agréable d'autant qu'il faisait un temps magnifique. 

Samedi 17H00

C'est l'heure du retour, le temps a passé tellement vite. Enchantés par ces retrouvailles, nous promettons de ne pas attendre 20 ans avant de nous retrouver…



Samedi 19H30

Nous arrivons à Orly. Je fonce à la recherche du bureau d'Easy Jet et oh ! Joie, c'est encore ouvert, et il n'y a qu'une personne en attente. J'expose mon problème, l'employé, très serviable, enregistre et transmet la demande. Ça se présente bien.
Ben non…
Il faut attendre le feu vert de Londres. Une heure plus tard, je suis toujours en attente. Heureusement, l'employé pète un plomb et prend sur lui de nous envoyer à l'hôtel. Francis est reparti chez lui et je prends la navette en compagnie de 4 autres personnes direction l'hôtel. Bonne surprise, c'est l'hôtel Howard, 4 étoiles !!! (La visite guidée, c'est ICI...) Un plateau repas nous est servi et j'ai même la chance de regarder la fin du match de foot Réal-Liverpool.
Je dois aller dormir car demain il faut être à 6H00 à l'embarquement. Je me renseigne de l'heure à laquelle la navette peut nous conduire à l'aéroport et là nouveau problème. Pas de navette pour nous, elle est réservée aux clients de l'hôtel ! Seul solution, réserver un taxi.

Dimanche 5H30

Je n'ai pas trop profité de la chambre malgré le  lit très confortable et la grande salle de bain avec douche italienne. Je prends le petit déjeuner, copieux, mais je m'inquiète de savoir si le taxi sera bien là à l'heure. A tort puisqu'à l'heure dite, il est là…

Dimanche 5H37

Le taxi me dépose à l'embarquement. 7 mn de trajet, 20€ !!! Chuis vert ! Ça frise l'extorsion de fonds un prix pareil…

Dimanche 6H30

Calé dans mon fauteuil, allée 9 fauteuil A, ceinture bouclée, je tends le dos, attendant une annonce de retard… Mais non, à l'heure dite, nous décollons...

Dimanche 7H45
Je pose le pied sur le sol niçois, le bus arrive presque aussitôt…

Dimanche 8H15

Je suis à la maison

Fin de l'odyssée…





samedi 26 mai 2018

Dimanche 27 mai 2018...

Trainant  dans ma jardinerie préférée en quête d'inspiration pour fleurir le balcon, je tombe en arrêt devant un magnifique fuchsia.
Flash !
Je vais vous parler d'un temps que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître.
Dans les années soixante, à peine sortie de la dure période de pénurie de la guerre, la société considère la femme comme la "fée du logis". Peu d'entre elles travaillent, elles sont au foyer, cantonnées à l'éducation des enfants et aux tâches ménagères. Aussi, quelle joie de recevoir en cadeau un appareil d'électroménager ! D'autant qu'à cette époque, ces appareils sont encore relativement coûteux et constituent le cadeau idéal pour la fête des mères.
Chez nous, le cadeau électroménager était réservé à l'anniversaire et il faut bien le reconnaître, c'était souvent le papa qui mettait la main à la poche pour éviter d'assécher nos maigres économies.
Pour la fête des mères, c'était différent, le cadeau était plus personnel. Je passe sur les splendides colliers de nouilles de mes plus jeunes années, sur les dessins laborieusement colorés, depuis longtemps sortis de ma mémoire. Par contre, je me souviens parfaitement du perroquet.

C'était un moulage en plâtre blanc, probablement fourni gracieusement par l'école (à l'époque l'éducation nationale avait quelques moyens). Chacun devait le peindre selon ses goûts, puis le vernir… Le résultat était rarement d'un haut niveau artistique, mais on voyait bien qu'il y avait beaucoup de cœur…
Le chef-d'œuvre était fièrement offert le jour "J" et provoquait immanquablement des cris d'admiration et moult bisous. Il trônait quelques temps à la place d'honneur sur le buffet du séjour, puis un jour, mystérieusement, il disparaissait… Mais la fête n'aurait pas été complète sans le traditionnel bouquet de fleurs. Pour moi, pas de fleurs mais une plante, un fuchsia. Pourquoi ? Sans doute parce que j'étais fasciné par cette magnifique plante avec des fleurs en forme de clochettes, des sépales rouges brillants et des pétales pourpres. 



Pendant plusieurs années, cette plante a symbolisé la fête des mères et elle y reste attachée dans mon souvenir.
Je n'ai pas résisté, le fuchsia est maintenant sur mon balcon. 
 Chaque fois que mes yeux se posent sur ses fleurs magnifiques, mon esprit s'envole immanquablement vers des horizons lointains à jamais noyés dans les brumes du passé. 
Je vois le petit garçon timide que j'étais, les bras chargés de son perroquet et son fuchsia. 
Et je pense à maman.
Et c'est bien…

lundi 16 avril 2018

Les cosmos...

Lorsqu'on habite un appartement en plein centre-ville, il ne faut pas s'attendre à avoir de belles vues sous les yeux. Il faut se contenter des façades des autres immeubles et pour tout spectacle soit l'apparition d'un voisin sur son balcon, soit le défilé des voitures au carrefour.
C'est à quoi je pensais en regardant l'évolution des tulipes que j'avais plantées il y a quelques semaines dans un beau bac rouge sur le rebord de la fenêtre de la cuisine…Je surveillais ce bac tous les jours, prenant soin d'arroser régulièrement, mais rien n'apparaissait, au point que j'avais fini par penser que les carottes, pardon les tulipes, étaient cuites. J'ai attendu longtemps puis, un matin j'ai aperçu des petites pointes vertes qui montraient le bout de leur nez. Très rapidement les pointes se sont développées et les premières fleurs sont apparus, apportant une jolie touche printanière derrière notre fenêtre.
Cet après-midi, je regardais ces tulipes quand mon attention fut attirée par d'autres fleurs que je n'avais pas remarquées jusqu'à présent. Elles avaient dû fleurir ce matin même et ondulaient doucement, légères et aériennes, bercées par une légère brise. 

Des cosmos….



 Et soudain, j'ai repensé à maman…

Les fleurs n'étaient pas sa tasse de thé, elle avait même tendance à les fuir, les soupçonnant d'être à l'origine de ses allergies. Pourtant, tous les ans, elle achetait un paquet de graines de cosmos et le semait à la volée dans le petit parterre qui se trouvait au pied de l'escalier, devant a maison, sous la boite aux lettres.
Et elle ne s'en occupait plus.
Malgré tout, au printemps, les cosmos apparaissaient et fleurissaient tout l'été, apportant une petite touche de couleur et de fraîcheur devant la maison.

 Le front appuyé contre la vitre de la fenêtre, je laissais mon esprit s'envoler vers un passé bien révolu et cependant pas si lointain.

Arthel, ces deux syllabes résonnent dans ma tête…
Arthel, ce petit village perdu dans la campagne nivernaise où il faisait si bon se retrouver…
Arthel, je revois ces grandes réunions de famille où tout le monde était si heureux de se retrouver et passer quelques heures ensemble…
Arthel, lieu de joie souvent, mais aussi parfois de grandes peines…
Arthel, notre petit paradis à jamais perdu…
Arthel, devenu lieu de mémoire, là où repose pour toujours nos parents et grands-parents dans ce petit cimetière ou dans quelques semaines, le 26 mai, nous serons quelques-uns réunis pour accompagner notre tante Josée qui va rejoindre ses parents et sa sœur…

Le soleil se couche.

Je m'aperçois que les petites fleurs se sont refermées pour la nuit. 

Demain elles déploieront à nouveau leurs pétales et tant que les cosmos resteront fleuris, chaque fois que je les regarderai, je repartirai vers le passé…


dimanche 28 mai 2017

28 mai 2017

Aujourd'hui, c'est la fête des mères.
La 1ère depuis qu'elle nous a quitté...
Souvenirs, souvenirs...


lundi 27 mars 2017

27 MARS 2017...


Un an déjà !
Et toujours ces questions qui tournent en boucle dans ma tête...
Sans réponse......

lundi 14 novembre 2016

Après Trump aux States, une Trumpette en France ?

Le 23 juillet 2016, le réalisateur Michael Moore avait prédit correctement que Donald Trump serait élu à la Maison-Blanche.
Il est maintenant convaincu que le président ne terminera pas son mandat de quatre années en raison d'une démission ou d'une destitution...


"Voilà ce qui va se passer et c’est pourquoi nous ne souffrirons pas durant quatre années avec Donald Trump, parce qu’il n’a pas d’idéologie, mise à part son idéologie à la Donald Trump", a affirmé Michael Moore sur MSNBC. "Et quand vous êtes un narcissique comme cela, qui est tellement narcissique puisque tout tourne autour de lui, il va, peut-être sans le vouloir, briser la loi. Il va briser la loi parce qu’il pense seulement à ce qu’il sera le meilleur pour lui."

Quand l’animateur Mika Brzezinski a demandé à Moore s’il souhaitait du mal à Donald Trump, le réalisateur lui a répondu qu’il "était le mal"en personne.
"Il est raciste. Il est misogyne. Il est autoritaire", dit Moore.
Plus tôt cette semaine à New York, le documentariste a appelé les gens à manifester dans les rues jusqu'à ce que Trump se retire de son poste de président.
Liste des choses à faire au lendemain de l'élection, selon Michael Moore :

1. Prendre le contrôle du parti démocrate afin de le rendre au peuple. La stratégie des dirigeants actuels a lamentablement échoué.

2. Virer tous les experts, analystes, sondeurs et tous ceux qui, dans les médias, se sont accrochés à leur théorie, refusant d'envisager d'autres possibilités ou d'admettre la réalité des faits. Imbus de leur propre personne, ces mêmes spécialistes nous disent aujourd'hui qu'il faut "résorber la fracture sociale" et "lutter contre les clivages". Ils vont sortir des conneries de ce type dans les jours et les semaines à venir. N'écoutez plus leurs salades.

3. Les représentants démocrates au Congrès qui ne se sont pas réveillés ce matin avec une furieuse envie de résister en entravant le programme des Républicains (comme ces derniers l'ont fait quotidiennement pendant les huit années de la présidence de Barack Obama) doivent éviter de mettre des bâtons dans les roues de ceux qui savent ce qu'il faut faire pour empêcher le triomphe de la mesquinerie et le délire qui s'annonce.

4. Arrêtez de dire que vous êtes "abasourdis" et "sous le choc". Dites plutôt que vous étiez dans votre bulle et que vous n'avez pas entendu le désespoir de vos concitoyens, abandonnés depuis DES ANNÉES par nos deux partis, qui rêvent de prendre leur revanche sur ce système, et dont la colère gronde. Quand une star de la télé a annoncé qu'elle avait l'intention de virer tous les responsables politiques, démocrates et républicains, ces Américains se sont retrouvés dans son discours. La victoire de Donald Trump n'a rien de surprenant. L'attitude méprisante de ses adversaires, qui ne voyaient en lui qu'un bouffon, a rendu son ascension irrésistible. C'est à la fois une créature et une création des médias, même si ceux-ci n'accepteront jamais de le reconnaître.

5. Répétez la phrase suivante à tous ceux que vous croiserez aujourd'hui: "HILLARY CLINTON A OBTENU LA MAJORITÉ DES SUFFRAGES!" La MAJORITÉ de nos concitoyens préféraient Hillary Clinton à Donald Trump. Un point c'est tout. C'est un fait. Si vous vous êtes dit ce matin que vous viviez dans un pays de cons, vous faites erreur. La majorité des Américains ont voté pour Hillary, pas pour Trump. La victoire de Donald Trump n'est due qu'au système — aussi obscur qu'absurde — des Grands Électeurs, un concept qui date du XVIIIe siècle. Tant que nous ne changerons pas ça, nous continuerons d'avoir des présidents que nous n'avons pas élus et dont nous ne voulons pas. Vous vivez dans un pays où la majorité des électeurs pensent que nous commençons à subir les effets du changement climatique, qu'à travail égal les femmes doivent être payées autant que les hommes, que les études universitaires ne devraient plus être synonymes d'endettement, qu'ils ne veulent plus que nous envahissions d'autres pays, qu'il faut augmenter le salaire minimum et que chacun devrait pouvoir bénéficier d'une couverture sociale digne de ce nom. Tout cela n'a pas changé. Nous vivons dans un pays où la majorité des gens partagent une vision "progressiste" de la société. Il ne nous manque plus que des responsables politiques capables de mettre en œuvre ces mesures (voir point n° 1, ci-dessus).

Mercredi, dès l'annonce des résultats et de la victoire de Donald Trump, les internautes partageaient déjà massivement ce billet prémonitoire du réalisateur. Écrit en juillet dernier (plusieurs mois avant l'élection), il donnait déjà les raisons de la victoire du milliardaire face à Hillary Clinton.

Mes bons amis, relisez-le chapitre 2 :  

Virer tous les experts, analystes, sondeurs et tous ceux qui, dans les médias, se sont accrochés à leur théorie, refusant d'envisager d'autres possibilités ou d'admettre la réalité des faits. Imbus de leur propre personne, ces mêmes spécialistes nous disent aujourd'hui qu'il faut "résorber la fracture sociale" et "lutter contre les clivages". Ils vont sortir des conneries de ce type dans les jours et les semaines à venir. N'écoutez plus leurs salades.

C'est très exactement notre situation en France et ce que nous devrions faire...
Reste à savoir si nous saurons en tirer les bonnes conclusions, dans le cas contraire, nous risquons fort de nous retrouver avec une Trumpette au pouvoir...

mercredi 9 novembre 2016

Un éléphant ça trumpe énormément ! ...

Un éléphant ça trumpe énormément ! 
Je commence ce court billet en rappelant que le symbole des Républicains Américains est …l’éléphant (humour) !
Si ce résultat entérine la défaite de Clinton, il marque surtout la débâcle des médias qui tous annonçaient son élection. Et de nous monter à longueur d’antenne des interviews d’américains qui se répandaient en éloge sur la bonne candidate…. 
Sauf que, en nous assommant avec ces américains pro-Clinton, généralement blancs, éduqués et habitants des grandes villes, ces médias occultaient l’américain  du fin fond de l’Arkansas, de l’Oklahoma, ce bouseux aux bottes éculées, avec un flingue dans la poche, un dans la voiture et cinq à la maison. Ou celui du Michigan  qui a vu sa ville de Détroit perdre 25% de ses 680 000 habitants et ses 30% de bâtiments vides où délabrés du fait de la mondialisation. Or ceux –ci se sont sentis abandonnés par une caste dominante dont Hillary Clinton est la digne et arrogante représentante.
Et puis surtout, comment les Démocrates qui se revendiquent être plus de 42 millions, ont-ils pu choisir comme candidate l’épouse d’un ex président dont les mandats ont été plus que chaotiques (ce qui avait largement contribué à l’élection de Bush Junior) et qui elle-même a largement prêtée le flanc à la critique ? Imaginez un instant Bernadette Chirac candidate à la prochaine présidentielle...
Finalement, les démocrates sont bien à la hauteur de leur mascotte …
Je ne vais pas ici répéter tout ce que vous avez déjà entendu ce matin, des âneries la plupart du temps. En effet, les mêmes qui nous prédisaient une victoire de Clinton dans un fauteuil nous expliquent maintenant ce que va faire Trump…et surtout, ils extrapolent et bien sûr nous mettent en garde sur ce qui pourrait se passer chez nous en mai prochain.
Personnellement, je ne suis incapable de dire si cette élection est une bonne chose pour les américains. D’ailleurs, comment savoir ce que Trump va faire alors qu’il ne le sait peut-être même pas lui-même… 
Pour l’heure, je me contenterais  de souhaiter aux Américains le meilleur pour ces quatre années qui viennent, de prononcer la phrase magique : Inch’Allah…et d'ajouter une petite blagounette...



A la prochaine, et d'ici là, prenez soin de vous...







samedi 30 juillet 2016

Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner...

Dans 101 jours, c'est à dire précisément le 8 novembre 2016, les américains éliront le successeur de Barack Obama.
Nous connaissons maintenant les deux candidats en lice : il s'agit d'Hillary CLINTON (la femme de Bill lui même président de 1993 à 2001) et de Donald TRUMP.




Ceci posé, deux attitudes possibles :

     -On s'en fout ;
     -On s'inquiète.

-On s'en fout : bien que nous n'ayons aucun moyen d’influer sur le résultat, nous devrions quand même nous en préoccuper, car même si l'influence de l'Oncle Sam n'est plus la même que dans les décennies passées, quand les Etats-Unis s'enrhument, c'est toute la planète qui frissonne...
-On s'inquiète : car malgré son prénom, Donald n'a rien d'un Mickey, et dans l'univers Disney, il serait plutôt Pat Hibulaire.
En France, mis à part quelques turlupins qui veulent se singulariser comme d'habitude (suivez mon regard), Hillary Clinton emporte largement tous les suffrages. Blonde, femme, sympathique, elle semble avoir tous les atouts en main pour gagner cette élection haut la main.
Michael Moore, écrivain et un réalisateur américain de documentaires engagés est un fin connaisseur de la société américaine. Ecologiste et démocrate, il livre ci-dessous son analyse quand au résultat de l'élection.
Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas vraiment optimiste.
Lisez son billet jusqu'au bout. Oui, c'est très long, mais il faut prendre le temps, et lorsque vous aurez terminé, vous serez probablement comme moi : très inquiet !

"Chers amis, chères amies,

Je suis désolé d'être le porteur de mauvaises nouvelles, mais je crois avoir été assez clair l'été dernier lorsque j'ai affirmé que Donald Trump serait le candidat républicain à la présidence des États-Unis. Cette fois, j'ai des nouvelles encore pires à vous annoncer: Donald J. Trump va remporter l'élection du mois de novembre.

Ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein va devenir notre prochain président. Le président Trump. Allez, dites-le tous en chœur, car il faudra bien vous y habituer au cours des quatre prochaines années: "PRÉSIDENT TRUMP!"

Jamais de toute ma vie n'ai-je autant voulu me tromper.


Je vous observe attentivement en ce moment. Vous agitez la tête en disant: "Non Mike, ça n'arrivera pas!". Malheureusement, vous vivez dans une bulle. Ou plutôt dans une grande caisse de résonance capable de vous convaincre, vous et vos amis, que les Américains n'éliront pas cet idiot de Trump. Vous alternez entre la consternation et la tentation de tourner au ridicule son plus récent commentaire, lorsque ce n'est pas son attitude narcissique.

Par la suite, vous écoutez Hillary et envisagez la possibilité que nous ayons pour la première fois une femme à la présidence. Une personne respectée à travers le monde, qui aime les enfants et poursuivra les politiques entreprises par Obama. Après tout, n'est-ce pas ce que nous voulons? La même chose pour quatre ans de plus?

Il est temps de sortir de votre bulle pour faire face à la réalité. Vous aurez beau vous consoler avec des statistiques (77 % de l'électorat est composé de femmes, de personnes de couleur et d'adultes de moins de 35 ans, et Trump ne remportera la majorité d'aucun de ces groupes), ou faire appel à la logique (les gens ne peuvent en aucun cas voter pour un bouffon qui va à l'encontre de leurs propres intérêts), ça ne restera qu'un moyen de vous protéger d'un traumatisme. C'est comme lorsque vous entendez un bruit d'arme à feu et pensez qu'un pneu a éclaté ou que quelqu'un joue avec des pétards. Ce comportement me rappelle aussi les premières manchettes publiées le 11 septembre, annonçant qu'un petit avion a heurté accidentellement le World Trade Center.


"Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera."
Nous avons besoin de nouvelles encourageantes parce que le monde actuel est un tas de merde, parce qu'il est pénible de survivre d'un chèque de paie à l'autre, et parce que notre quota de mauvaises nouvelles est atteint. C'est la raison pour laquelle notre état mental passe au neutre lorsqu'une nouvelle menace fait son apparition.

C'est la raison pour laquelle les personnes renversées par un camion à Nice ont passé les dernières secondes de leur vie à tenter d'alerter son conducteur: "Attention, il y a des gens sur le trottoir!"

Eh bien, mes amis, la situation n'a rien d'un accident. Si vous croyez encore qu'Hillary Clinton va vaincre Trump avec des faits et des arguments logiques, c'est que vous avez complètement manqué la dernière année, durant laquelle 16 candidats républicains ont utilisé cette méthode (et plusieurs autres méthodes moins civilisées) dans 56 élections primaires sans réussir à arrêter le mastodonte. Le même scénario est en voie de se répéter l'automne prochain. La seule manière de trouver une solution à ce problème est d'admettre qu'il existe en premier lieu.

Comprenez-moi bien, j'entretiens de grands espoirs pour ce pays. Des choses ont changé pour le mieux. La gauche a remporté les grandes batailles culturelles. Les gais et lesbiennes peuvent se marier. La majorité des Américains expriment un point de vue libéral dans presque tous les sondages. Les femmes méritent l'égalité salariale? Positif. L'avortement doit être permis? Positif. Il faut des lois environnementales plus sévères? Positif. Un meilleur contrôle des armes à feu? Positif. Légaliser la marijuana? Positif. Le socialiste qui a remporté l'investiture démocrate dans 22 États cette année est une autre preuve que notre société s'est profondément transformée. À mon avis, il n'y a aucun doute qu'Hillary remporterait l'élection haut la main si les jeunes pouvaient voter avec leur console X-box ou Playstation.

Hélas, ce n'est pas comme ça que notre système fonctionne. Les gens doivent quitter leur domicile et faire la file pour voter. S'ils habitent dans un quartier pauvre à dominante noire ou hispanique, la file sera plus longue et tout sera fait pour les empêcher de déposer leur bulletin dans l'urne. Avec pour résultat que le taux de participation dépasse rarement 50 % dans la plupart des élections. Tout le problème est là. Au mois de novembre, qui pourra compter sur les électeurs les plus motivés et inspirés? Qui pourra compter sur des sympathisants en liesse, capables de se lever à 5 heures du matin pour s'assurer que tous les Tom, Dick et Harry (et Bob, et Joe, et Billy Bob et Billy Joe) ont bel et bien voté? Vous connaissez déjà la réponse. Ne vous méprenez pas: aucune campagne publicitaire en faveur d'Hillary, aucune phrase-choc dans un débat télévisé et aucune défection des électeurs libertariens ne pourra arrêter le train en marche.

Voici 5 raisons pour lesquelles Trump va gagner :

1. Le poids électoral du Midwest, ou le Brexit de la Ceinture de rouille


Je crois que Trump va porter une attention particulière aux États "bleus" de la région des Grands Lacs, c'est-à-dire le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Ces quatre États traditionnellement démocrates ont chacun élu un gouverneur républicain depuis 2010, et seule la Pennsylvanie a opté pour un démocrate depuis ce temps. Lors de l'élection primaire du mois de mars, plus de résidents du Michigan se sont déplacés pour choisir un candidat républicain (1,32 million) qu'un candidat démocrate (1,19 million).

Dans les plus récents sondages, Trump devance Clinton en Pennsylvanie. Et comment se fait-il qu'il soit à égalité avec Clinton en Ohio, après tant d'extravagances et de déclarations à l'emporte-pièce? C'est sans doute parce qu'il a affirmé (avec raison) qu'Hillary a contribué à détruire la base industrielle de la région en appuyant l'ALÉNA. Trump ne manquera pas d'exploiter ce filon, puisque Clinton appuie également le PTP et de nombreuses autres mesures qui ont provoqué la ruine de ces quatre États.

Durant la primaire du Michigan, Trump a posé devant une usine de Ford et menacé d'imposer un tarif douanier de 35 % sur toutes les voitures fabriquées au Mexique dans le cas où Ford y déménagerait ses activités. Ce discours a plu aux électeurs de la classe ouvrière. Et lorsque Trump a menacé de contraindre Apple à fabriquer ses iPhone aux États-Unis plutôt qu'en Chine, leur cœur a basculé et Trump a remporté une victoire qui aurait dû échoir au gouverneur de l'Ohio John Kasich.


L'arc qui va de Green Bay à Pittsburgh est l'équivalent du centre de l'Angleterre. Ce paysage déprimant d'usines en décrépitude et de villes en sursis est peuplé de travailleurs et de chômeurs qui faisaient autrefois partie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théorie des effets de retombées de l'ère Reagan. Ils ont ensuite été abandonnés par les politiciens démocrates qui, malgré leurs beaux discours, fricotent avec des lobbyistes de Goldman Sachs prêts à leur écrire un beau gros chèque.

Voilà donc comment le scénario du Brexit est en train de se reproduire. Le charlatan Elmer Gantry se pose en Boris Johnson, faisant tout pour convaincre les masses que l'heure de la revanche a sonné. L'outsider va faire un grand ménage! Vous n'avez pas besoin de l'aimer ni d'être d'accord avec lui, car il sera le cocktail molotov que vous tirerez au beau milieu de tous ces bâtards qui vous ont escroqué! Vous devez envoyer un message clair, et Trump sera votre messager!

Passons maintenant aux calculs mathématiques. En 2012, Mitt Romney a perdu l'élection présidentielle par une marge de 64 voix du Collège électoral. Or, la personne qui remportera le scrutin populaire au Michigan, en Ohio, en Pennsylvanie et au Wisconsin récoltera exactement 64 voix. Outre les États traditionnellement républicains, qui s'étendent de l'Idaho à la Géorgie, tout ce dont Trump aura besoin pour se hisser au sommet ce sont les quatre États du Rust Belt. Oubliez la Floride, le Colorado ou la Virginie. Il n'en a même pas besoin.
"Cela dit, notre plus grand problème n'est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable."

2. Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère

Nos 240 ans de domination masculine risquent de se terminer. Une femme risque de prendre le pouvoir! Comment en est-on arrivés là, sous notre propre règne? Nous avons ignoré de trop nombreux avertissements. Ce traître féministe qu'était Richard Nixon nous a imposé le Titre IX, qui interdit toute discrimination sur la base du genre dans les programmes éducatifs publics. Les filles se sont mises à pratiquer des sports. Nous les avons laissées piloter des avions de ligne et puis, sans crier gare, Beyoncé a envahi le terrain du Super Bowl avec son armée de femmes noires afin de décréter la fin de notre règne!

Cette incursion dans l'esprit des mâles blancs en danger évoque leur crainte du changement. Ce monstre, cette "féminazie" qui - comme le disait si bien Trump - "saigne des yeux et de partout où elle peut saigner" a réussi à s'imposer. Après avoir passé huit ans à nous faire donner des ordres par un homme noir, il faudrait maintenant qu'une femme nous mène par le bout du nez? Et après? Il y aura un couple gai à la Maison-Blanche pour les huit années suivantes? Des transgenres? Vous voyez bien où tout cela mène. Bientôt, les animaux auront les mêmes droits que les humains et le pays sera dirigé par un hamster. Assez, c'est assez!

3. Hillary est un problème en elle-même


Pouvons-nous parler en toute franchise? En premier lieu, je dois avouer que j'aime bien Hillary Clinton. Je crois qu'elle est la cible de critiques non méritées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j'ai promis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de briser cette promesse aujourd'hui pour éviter qu'un proto-fasciste ne devienne notre commandant en chef. Je crois malheureusement qu'Hillary Clinton va nous entraîner dans d'autres aventures militaires, car elle est un "faucon" perché à droite d'Obama. Mais peut-on confier le bouton de nos bombes nucléaires à Trump le psychopathe? Poser la question, c'est y répondre.

Cela dit, notre plus grand problème n'est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable. Elle représente la vieille manière de faire de la politique, c'est-à-dire l'art de raconter n'importe quoi pour se faire élire, sans égard à quelque principe que ce soit. Elle a lutté contre le mariage gay à une certaine époque, pour maintenant célébrer elle-même de tels mariages. Ses plus farouches détractrices sont les jeunes femmes. C'est injuste, dans la mesure où Hillary et d'autres politiciennes de sa génération ont dû lutter pour que les filles d'aujourd'hui ne soient plus encouragées à se taire et rester à la maison par les Barbara Bush de ce monde. Mais que voulez-vous, les jeunes n'aiment pas Hillary.

Pas une journée ne passe sans que des milléniaux me disent qu'ils ne l'appuieront pas. Je conviens qu'aucun démocrate ou indépendant ne sera enthousiaste à l'idée de voter pour elle le 8 novembre. La vague suscitée par l'élection d'Obama et la candidature de Sanders ne reviendra pas. Mais au final, l'élection repose sur les gens qui sortent de chez eux pour aller voter, et Trump dispose d'un net avantage à cet effet.

"Les jeunes n'ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l'équivalent d'utiliser MySpace et d'avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras."
4. Les partisans désabusés de Bernie Sanders

Ne vous inquiétez pas des partisans de Sanders qui ne voteront pas pour Hillary Clinton. Le fait est que nous serons nombreux à voter pour elle! Les sondages indiquent que les partisans de Sanders qui prévoient de voter pour Hillary sont déjà plus nombreux que les partisans d'Hillary ayant reporté leur vote sur Obama en 2008. Le problème n'est pas là. Si une alarme doit sonner, c'est à cause du "vote déprimé". En d'autres termes, le partisan moyen de Sanders qui fait l'effort d'aller voter ne fera pas l'effort de convaincre cinq autres personnes d'en faire de même. Il ne fera pas 10 heures de bénévolat chaque mois, et n'expliquera pas sur un ton enjoué pourquoi il votera pour Hillary.

Les jeunes n'ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l'équivalent d'utiliser MySpace et d'avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras.

Les jeunes ne voteront pas davantage pour Trump. Certains voteront pour un candidat indépendant, mais la plupart choisiront tout simplement de rester à la maison. Hillary doit leur donner une bonne raison de bouger. Malheureusement, je ne crois pas que son choix de colistier soit de nature à convaincre les milléniaux. Un ticket de deux femmes aurait été beaucoup plus audacieux qu'un gars blanc, âgé, centriste et sans saveur. Mais Hillary a misé sur la prudence, et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres de sa capacité à s'aliéner les jeunes.

5. L'effet Jesse Ventura

Pour conclure, ne sous-estimez pas la capacité des gens à se conduire comme des anarchistes malicieux lorsqu'ils se retrouvent seuls dans l'isoloir. Dans notre société, l'isoloir est l'un des derniers endroits dépourvus de caméras de sécurité, de micros, d'enfants, d'épouse, de patron et de policiers! Vous pouvez y rester aussi longtemps que vous le souhaitez, et personne ne peut vous obliger à y faire quoi que ce soit.

Vous pouvez choisir un parti politique, ou écrire Mickey Mouse et Donald Duck sur votre bulletin de vote. C'est pour cette raison que des millions d'Américains en colère seront tentés de voter pour Trump. Ils ne le feront pas parce qu'ils apprécient le personnage ou adhèrent à ses idées, mais tout simplement parce qu'ils le peuvent. Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera.

Vous souvenez-vous de 1998, année où un lutteur professionnel est devenu gouverneur du Minnesota? Le Minnesota est l'un des États les plus intelligents du pays, et ses citoyens ont un sens de l'humour assez particulier. Ils n'ont pas élu Jesse Ventura parce qu'ils étaient stupides et croyaient que cet homme était un intellectuel destiné aux plus hautes fonctions politiques. Ils l'ont fait parce qu'ils le pouvaient. Élire Ventura a été leur manière de se moquer d'un système malade. La même chose risque de se produire avec Trump.

Un homme m'a interpellé la semaine dernière, lorsque je rentrais à l'hôtel après avoir participé à une émission spéciale de Bill Maher diffusée sur HBO à l'occasion de la convention républicaine: "Mike, nous devons voter pour Trump. Nous DEVONS faire bouger les choses!" C'était là l'essentiel de sa réflexion. 
Faire bouger les choses. Le président Trump sera l'homme de la situation, et une grande partie de l'électorat souhaite être aux premières loges pour assister au spectacle.

La semaine prochaine, je vous parlerai du talon d'Achille de Donald Trump et des stratégies que nous pouvons employer pour lui faire perdre l'élection.

Cordialement",


Michael Moore

Ce billet de blog a initialement été publié sur The Huffington Post et traduit de l'anglais par Pierre-Etienne Paradis.

Carte publiée le 2/08/2016 :