Je ne sais pas chanter, alors j'écris ! Pas sûr que ce soit mieux.... Vous trouverez ici de tout et de rien, des articles qui vous surprendront, vous intéresseront, peut-être même vous découvrirez des choses que vous ignoriez, et puis d'autres sans aucun intérêt. Il y en a pour tous les goûts, même les plus mauvais...BONNE LECTURE..............Je ne sais pas chanter, alors j'écris ! Pas sûr que ce soit mieux.... Vous trouverez ici de tout et de rien, des articles qui vous surprendront, vous intéresseront, peut-être même vous découvrirez des choses que vous ignoriez, et puis d'autres sans aucun intérêt. Il y en a pour tous les goûts, même les plus mauvais...BONNE LECTURE..............Je ne sais pas chanter, alors j'écris ! Pas sûr que ce soit mieux.... Vous trouverez ici de tout et de rien, des articles qui vous surprendront, vous intéresseront, peut-être même vous découvrirez des choses que vous ignoriez, et puis d'autres sans aucun intérêt. Il y en a pour tous les goûts, même les plus mauvais...BONNE LECTURE..............

jeudi 26 décembre 2024

LA LOI DE MURPHY

Étude de cas : la loi de Murphy en action sur une tartine beurrée


Cette assertion qui énonce que la tartine tombe toujours du côté beurré a deux réponses :
  • que le côté beurré, surtout s'il s'y trouve également de la confiture, est peut-être tout simplement un peu plus lourd que l'autre (ce qui est scientifiquement faux : l'accélération ou le temps de chute ne dépendent que de la force de la gravité terrestre et pas de la masse de l'objet, la tartine n'atteint pas non plus une vitesse assez grande pour que les frottements avec l'air interviennent grandement et, enfin, le rapport épaisseur/largeur fait que le beurre est bien trop près du centre de gravité pour pouvoir imposer un moment suffisant à influencer tangiblement la rotation de la tartine) ;
  • cela dépendrait de la hauteur de la table. En effet, les hauteurs de table courantes ne permettent pas à une tartine tombant d'une table d'effectuer une rotation complète afin d’atterrir sur son côté non beurré.

Études sur la probabilité           

Dans le cas de la tartine beurrée, des études ont montré que la probabilité que cet énoncé se vérifie dépend fortement de la hauteur de la table, dans des conditions normales de beurrage (mono face) et avec des tartines standards.

Pour une hauteur de table standard, on démontre analytiquement que la tartine, habituellement beurrée sur sa face supérieure, aurait juste le temps d'effectuer un demi-tour lors de sa chute et, ainsi, de s'étaler irrémédiablement sur la face beurrée au sol pour bien faire, il faudrait donc beurrer la face inférieure… Ce qui est loin d'être facile sans retourner la tartine ; dans le cas contraire, la face inférieure deviendrait la face supérieure et tous nos efforts pour que le beurre ne touche pas le sol seraient inutiles).

De telles « recherches » ont été réalisées et publiées dans une revue scientifique. Son auteur, Robert Matthews, physicien, membre de la Royal Astronomical Society et de la Royal Statistical Society, en 1996. Ne pouvant se rendre à la cérémonie de remise des prix, il envoya un discours enregistré qui, soumis à son tour aux Murphy's Laws, arriva quatre jours après la cérémonie !

Il relança l'expérience en 2001. Des écoliers de tout le Royaume-Uni réalisent 21 000 lancers de tartines😁 . Et il se trouva que le côté beurré obtint un taux de 62 %. Ce qui permet de convaincre les personnes qui prétendent que la chute de la tartine est entièrement due au hasard.

"Grâce à cela, Robert Matthews a définitivement et doublement démontré, tant sur le plan théorique qu'expérimental, que la nature a effectivement horreur du vide d'un parquet fraîchement nettoyé"...

Si on regarde le phénomène d'un point de vue strictement mécanique, la densité du beurre est plus importante que celle du pain, ainsi la tartine est en équilibre instable : le centre de gravité est situé au-dessus du centre de surface. Elle aura donc tendance à se retourner en position d’équilibre stable.

Du strict point de vue de la dynamique des solides, le mouvement de chute d’une tartine est totalement paramétrable et prévisible. Le fait est que la chute de la tartine commence presque systématiquement par une rotation, que ce soit autour du rebord de la table ou autour d’un doigt de la main de laquelle s’échappe la tartine. Ainsi, le côté sur lequel va atterrir la tartine dépend de deux choses : la vitesse de rotation initiale et la hauteur de chute. Pour que la tartine tombe du côté sec, il faut qu’elle ait le temps de réaliser une rotation complète. Or, ceci dépend du temps dont elle dispose avant de toucher le sol.

La raison pour laquelle la tartine ne tombe pas toujours côté beurré est que la vitesse de rotation initiale n’est pas constante selon les personnes. La vitesse angulaire de la tartine dépend de la vitesse de la tartine au bord de la table. Une fois que le centre de masse de la tartine a franchi le bord de la table, elle se met logiquement à tomber. Mais une partie de la tartine est encore contre la table, ce qui crée le mouvement de rotation. Et la vitesse de la tartine franchissant le bord va influer sur le temps de contact de cette partie de la tartine, et donc la vitesse de rotation. Si une tartine est poussée avec une vitesse plus grande, elle tournera moins vite. Si l’on venait à effectuer une campagne de test en ayant toujours les mêmes paramètres initiaux, on obtiendrait un taux de retournement, au choix, proche de 0 % ou proche de 100 %.

La loi du "minimax" fournit aussi une parade : beurrer sa tartine des deux côtés : l'un restera nécessairement intact.

Extensions humoristiques

Dans le cas de la loi de la tartine beurrée, les études rigoureuses ont montré que, sur la probabilité de tomber du côté du beurre, la loi de Murphy fournit, en fait, une intuition qui se vérifie.

Toutefois, les spécialistes de l’humour portant sur la loi de Murphy ont proposé des corollaires qui rendraient la vie bien pire encore, s’ils n’étaient pas complètement injustifiables rationnellement.


L’un de ces corollaires propose que la probabilité de chute « côté beurre » (ou, si on a déjà admis que la chute finit toujours du côté du beurre, la probabilité de la chute elle-même) est proportionnelle, d'une part au prix de l'éventuel tapis, d'autre part au caractère récent du dernier nettoyage. On peut, de même, proposer que ces probabilités croissent lorsque le beurre est recouvert de confiture ou de miel.

Enfin, la loi de la tartine beurrée possède un corollaire, le corollaire de Blumenfeld : si vous beurrez une tartine et qu'elle tombe du côté non beurré, c'est que vous aviez beurré le mauvais côté.

Bonne journée et prenez bien soin de vous et de tous ceux qui vous sont chers !

 

lundi 13 avril 2020

Confinement J+28

Tempus fugit...

Le temps passe, certes, mais lentement.
Comment occuper ces journées sans fin, on commence à épuiser les possibilités, sauf à avoir un jardin. Et encore faut-il aimer cette activité.
Reste la lecture.
Et aujourd’hui, je viens vous parler du livre que je viens d’achever : 

“Seul le silence” de RJ Ellory.


"Le destin de Joseph le héros est scellé lorsqu’on découvre le corps d'une petite fille atrocement tuée, violée, mutilée. dans la petite ville d'Augusta Falls, en Géorgie où il vit. La première victime d'une longue série qui laissera la police impuissante. … ! Le héros sera encore plus concerné lorsqu’il trouvera lui-même une des victimes et d’autant plus quand il va se sentir coupable de ne pas avoir protégé comme promis la petite fille des voisins de la ferme familiale". 

Un thriller ? Non, plutôt un roman noir, très noir, un récit crépusculaire qui nous est raconté
 chronologiquement par le narrateur, Joseph Vaughan, entrecoupé de courts passages qui nous mènent vers le dénouement, pour lequel il faudra toutefois attendre les toutes dernières pages et dans lequel JR.Ellory ne prend même pas la peine de nous expliquer les motivations du tueur.
Qu’importe, on est comme Joseph, sur les nerfs, à bout de force et ne souhaitant qu’une chose, que tout cela s’arrête.
Un livre puissant, émouvant, qui nous fait suivre le chemin de croix qui mènera le “héros” à la limite de la folie, nous faisant partager son approche de l’écriture, comme un exorcisme contre la douleur de la noirceur absolue de sa vie.
Un livre coup de poing à l’écriture magnifique qui fait appel à nos sentiments, nous fait vibrer et souffrir avec Joseph tout au long de son histoire et jusqu’au dernier mot de la dernière ligne...


Pour vous donner une idée du style de l'auteur, je vous livre un extrait : 


"La Mort vint ce jour-là. Appliquée, méthodique, indifférente aux us et aux coutumes ; ne respectant ni la Pâque, ni la Noël, ni aucune célébration ou tradition. La Mort vint, froide et insensible, pour prélever l’impôt de la vie, le prix à payer pour respirer. Et lorsqu’Elle vint je me tenais dans la cour sur la terre sèche parmi les mauvaises herbes, le mouron blanc et les gaulthéries. Elle arriva par la grand-route, je crois, longeant la démarcation entre la terre de mon père et celle des Kruger. Je crois qu’Elle arriva à pied, car plus tard, lorsque j’en cherchai ; je ne trouvai ni empreintes de cheval, ni traces de bicyclette, et à moins que la Mort ne pût se déplacer sans toucher le sol, je supposai qu’Elle était venue à pied.


La Mort vint pour prendre mon père".


et un second :


"Ellis arriva vingt minutes plus tard, jeta un coup d'oeil, vira au vert-de-gris, rendit son petit déjeûner et une bonne partie du repas du jeudi par-dessus la clôture. Il pensa à sa propre fille qui avait eu quatre ans deux semaines plus tôt, et il se demanda si ce qu'ils enseignait au catéchisme était vrai. Dieu est miséricordieux, Dieu est juste, Dieu voit tout et protège les innocents et les faibles. Dieu avait assurément été occupé ailleurs la nuit précédente, et Il avait laissé une autre jeune âme passer de vie à trépas"............


Ca vous donne envie de lire ce livre mais vous ne savez pas comment vous le procurer ?

Si vous m'aviez écouté, il y a longtemps que vous seriez passé à la liseuse, mais rien n'est perdu.
Si vous êtes intéressés, dans mon prochain billet, je vous expliquerai comment et par quoi remplacer une liseuse, et pour ceux qui voudraient franchir le pas, je mettrai à leur disposition le fichier de ce livre et de bien d'autres encore...

A bientôt


Et surtout, prenez bien soin de vous et de ceux qui vous sont chers...







samedi 28 mars 2020

Confinement : J+12


Deuxième semaine de confinement.
Seuls trajets extérieurs, les 40 mètres aller-retour qui nous séparent de la supérette voisine.
C’est difficile...
Et pourtant, par la fenêtre, on voit le ciel bleu, le soleil qui brille, les arbres fruitiers qui fleurissent. Dans le jardin du voisin, un merle sautille à la recherche de sa pitance. Si on pouvait descendre sur le bord de mer, on verrait les puissantes vagues qui, inlassablement, montent à l’assaut de la côte, indifférentes à notre malheur.
C’est difficile...
On a la démonstration de la relativité du temps. Une journée en compagnie d’amis passe si vite, alors que là, entre 4 murs, les heures s’étirent, interminables...
C’est difficile...
Il faut s’habituer à “supporter“ l’autre. Dans ce domaine, les retraités ont un net avantage, ils ont de l’entraînement et savent comment gérer les situations de crise. Mais pour les couples qui ne se retrouvaient que le soir, le face à face peut devenir difficile, d’autant que les enfants, habituellement à l’école ou à la crèche, sont aussi de la partie.
Le maître mot, il faut s’occuper.
Certes, mais à quoi ? On s’aperçoit qu’organiser des activités dans un appartement n’est pas chose aisée, et toujours les enfants, circonstance aggravante ! Pour ceux qui ont un balcon, une terrasse ou mieux un jardin, les choses sont moins compliquées, mais pas simples quand même. On s’aperçoit qu’on a vite fait le tour des possibilités.
C’est difficile...
Et on ne voit pas le bout du tunnel, il va falloir tenir bon.
Pour nous, nous avons été stoppés en plein aménagement. La livraison des meubles que nous attendions a été suspendue et  faute de pouvoir acheter le matériel, pas possible de faire de la peinture, poser les tringles à rideaux, etc.... Alors, on avance petitement, au milieu des cartons non déballés.
C’est difficile...
Heureusement, il reste les téléphones, tablettes et internet.
D’un simple clic, on peut s’évader à l’autre bout du monde, visiter des contrées inaccessibles, découvrir d’autres cultures. Et jouer !
Ce ne sont pas les jeux qui manquent, encore faut-il avoir la fibre joueuse...
Et il y a la télévision....
C’est un bon dérivatif, à une condition impérative : fuir comme la peste les chaines d’info qui du matin au soir diffusent des informations anxiogènes au possible, toujours les mêmes d’ailleurs, le nombre de morts, le témoignage de ceux qui attendent les masques, qu’il faut se laver les mains, (le reste, on ne sait pas) et en tête d’affiche les “experts” qui  nous annoncent soit que tout va bien et que n’est pas si grave, soit qu’on va tous mourir...
Rabattez vous plutôt sur les chaines qui diffusent des bons films, comme France 2 avec “un éléphant ça trompe énormément”, “la soupe aux choux”, et, last but not least, l’intégrale des “gendarmes”...
C’est difficile...
Personnellement, j’ai choisi la lecture. Je tourne à la cadence d’un livre tous les 3/4 jours. A ce rythme, il faut avoir des réserves de bouquins.
J’en ai...
Rappelez-vous, dans un billet de mai 2017, je vous conseillais de passer à la liseuse électronique (A lire ICI). Plus de problème de stockage de bouquins, plus de risques de tomber en panne sans possibilité de se réapprovisionner.
A l’époque, ma bibliothèque comptait 130 ouvrages, aujourd’hui, 904 !
On y trouve tous les genres de littératures, quelques grands classiques, des biographies (Churchill, 850 pages) mais avec une nette prédominance de tout ce qui est polars, thrillers, fantastiques, avec des auteurs comme Chattam, Grangé, Barclay, Kontz, Musso, Child, Patterson et autres King.
Je vais profiter de tout ce temps libre pour réviser mes classiques en relisant toute la collection des San Antonio, du premier de la série “Réglez-lui son compte” qui date de 1949, au dernier “Lâche le, il tiendra tout seul”, paru en 1999.
Soit 174 bouquins ! 
J'espère que le confinement sera levé avant que je sois arrivé au bout !

Je souhaite que  vous aussi avez trouvé comment vous occuper, car il semble bien que nous ne sommes pas au bout de nos peines.
Quoiqu'il en soit, prenez soin de vous et de tous ceux qui vous sont chers.
Et surtout, ne prenez AUCUN RISQUE.....

A bientôt !

dimanche 22 mars 2020

Confinement J+6


Voilà pourquoi il faut impérativement se laver fréquemment les mains...


Prenez bien soin de vous et de tous ceux qui vous sont chers...

jeudi 27 février 2020

Biarritz (1)


2018
Annus Horribilis
Je crois que c’est ainsi qu’on qualifie une année épouvantable.
Mais il ne faut pas s’imaginer que le matin du 1er janvier apporte sérénité et apaisement.
Non, les blessures sont toujours là et on sait bien que si elles elles se refermeront, elles ne cicatriseront jamais. Seul le temps apportera un peu de baume sur nos chagrins.
En ce début 2019, les plaies sont encore à vif et exacerbent notre sensibilité. .
Au téléphone, Colette m’annonce son envie, non, son besoin de quitter cette région à laquelle se rattachent trop de mauvais moments. 
Et, en silence,  je partage ce désir.
C’est drôle, la Côte d’Azur apparaît comme un eldorado où tant de gens rêve de venir s’installer pour profiter de la grande bleue et du soleil quasi permanent. je reconnais que nous étions dans cet état d’esprit.
Mais ça c’était avant...
7 ans plus tard, notre regard sur la région a bien changé. Certes, il fait toujours aussi beau, la mer est chaude et l’arrière pays est magnifique.
Ca c’est pour les cartes postales.
Dans la réalité, la Côte n’est qu’un long ruban de béton, partout où porte le regard, des grues, des grues, des grues. Nice et les communes limitrophes forment une métropole de plus de 500 000 habitants, coincée entre mer, montagnes et aéroport, pollens et pollutions s’y accumulent. Et comme il ne pleut presque jamais, l’air y est vicié et néfaste pour la santé, tout ça vient tapissé nos poumons. Nice-Matin, le quotidien régional, révélait récemment que cette pollution est la cause directe de 500 morts par an !
Je passerais rapidement sur le coût de la vie, chacun sait qu’ici tout est plus cher qu’ailleurs, à commencer par les logements, pour parler de la mentalité de la population.
En Provence, en Occitanie et dans bien des provinces quand vous vous vous vous baladez, vous entendez chanter les accents locaux. Ici, vous pouvez entendre les accents Italien, Maghrébin, Africain, Russe (surtout Russe) où aucun, mais le fameux accent niçois chantant est une denrée rare, très rare. Il faut savoir que la Côte d’Azur est une terre d’immigrés, le niçois d’origine est une espèce en voie de disparition.
Reste une population qui pour la plupart survit tant bien que mal, et plutôt mal que bien, avec un seul objectif : paraître ! Faire le beau ! Avec la bagnole, le logement, les fringues, mais aussi des patates aux repas. Ceci se ressent sur le caractère des gens, pas de convivialité, le sourire en option, bref une mentalité détestable.
C’est tout cela que nous voulions fuir...
Partir, certes, mais pour aller où ? 
Nous avons tellement bougé que nous ne nous sentons nulle part chez nous.
Nulle part ?
Si !
Aussi loin que remonte ma mémoire, j’ai toujours aimé Biarritz. De tout temps j’ai espéré aller y vivre, mais les aléas de la vie sont rarement compatibles avec les rêves et j’avais fini par me contenter de quelques jours de vacances par an, avec toujours ce déchirement lorsqu’il fallait repartir. 
Au fil du temps, Colette avait fini par partager mon attachement à cette ville laquelle elle se sentait particulièrement en phase.
En ce mois d’avril 2019, la décision est prise, nous allons partir. 
Bien, mais zou ?
Cramponné au téléphone, la sueur au front, j’attends avec angoisse que Colette me dise où elle voudrait que nous partions. Dans l'oreille, j'entends ces trois syllabes...
Biarritz !
J’en aurai pleuré.....
 
                                                                                   A suivre...                                                                                                                                   





mercredi 19 février 2020

dimanche 16 février 2020

Home sweet home...


Je vais ouvrir ce billet sur une photo :



Des cartons !

Et qui dit cartons dit ...déménagement !
Et c’est ce qui va arriver : trois ans jours pour pour jour après notre installation avenue de Cannes, les déménageurs vont débarquer pour charger meubles et cartons et les emporter vers notre nouvel home sweet home.
Un déménagement, c’est aussi l’occasion de faire du tri, de se débarasser de toutes ces choses inutiles
dont on s’est dit un jour “ça peut servir”... et dont on s’aperçoit au bout de trois ans que non, ça n’a finalement pas servi.
Tout en triant mes “poupouilles”, je laisse mon esprit vagabonder en repensant à tous ces appartements et maisons dans lesquels j’ai vécu...
Petit tour rapide de ces pérégrinations.
Tout à commencer dans les années 60 à...
1-SAINT-MAURICE
A l’époque banlieue campagnarde de Paris, en lisière du bois de Vincennes et proche de l’Hippodrome.
Puis, le petit appartement étant devenu trop étroit, direction...
2-ALFORTVILLE
Oû je devais rester chez papa et maman jusqu’à 20 ans passés. Mais à un moment, il faut bien quitter le nid et c’est avec Jocelyne ma future femme que je m’installais dans un studio en lisière du bois de Vincennes à...
3-CHARENTON
C’était un logement très sympa, tout proche du boulot et de Paris, l’idéal. Mais trop petit quand un héritier c’est annoncé. Il n’était déjà pas très facile de trouver un logement dans ces années, heureusement, grâce à une relation bien placé à l’office d’HLM, notre dossier fut rapidement traité et nous obtimes un superbe deux pièces dans une résidence toute neuve, à
4-JOINVILLE LE PONT (♪♪♪pon-poooon♪♪♪♪)
C’étaient les années 70, et tous les parisiens rêvaient de partir vivre à la campagne. Nous ne faisions pas exception à la règle, sauf que nous, nous avons mis notre projet à exécution.
Je ne vais pas entrer dans les détails, ce serait trop long, simplement j’avais trouvé du travail dans un secteur alors en pleine expansion, la grande distribution. Alors, un beau jour, début de notre périple. Première étape, la Nièvre où mes parents possédaient une maison de campagne oû nous nous sommes installés dans un premier temps, à
5-ARTHEL
Vivre dans cette maison en pleine campagne, c’était le rêve devenu réalité, sauf que le rêve s’est peu à peu transformé en cauchemar. Le magasin où j’avais été affecté se trouvait à Decize, à 60kms, à parcourir matin et soir. A priori rien d’insurmontable, sauf que mes horaires de travail m’imposaient de partir le matin à 5H, pour un retour au mieux vers 21H. Épuisant. Au bout d’un moment à ce régime, l’évidence s’imposait, il fallait se rapprocher du magasin. C’est à
6-SAINT LEGER DES VIGNES
Que nous avons loué une petite maison, à 5 mn du magasin. Ca m’a changé la vie, mais ça n’a pas durée, car la société me nomma sous-directeur dans un magasin qui allait ouvrir à Prémery, donc, retour à
7-ARTHEL
Qui, le hasard faisant bien les choses, se situait à seulement une 10zaines de kms. Cette situation dura quelques mois, jusqu’à ce que je sois promu au poste de directeur. C’était une grande fierté mais ça imposait un nouveau déménagement dans la ville où se trouvait mon affectation. C’était dans l’Indre, à
8-LE BLANC
Là encore, quelques mois passèrent avant qu’on me propose de prendre la direction d’un magasin tout beau tout neuf à Nevers. C’était trop beau, notre point de chute était tout trouvé, avec un retour à
9-ARTHEL
Juste pour quelques temps, car nous avions choisi de nous rapprocher de Nevers en allant habiter à
10-MONTIGNY AUX AMOGNES
Une maison isolée à l'orée de la forêt mais pas pour très longtemps non plus avant de migrer vers
11-SAINT MARTIN D’HEUILLE
C’est là que sont apparus les premières lassitudes de la vie provinciale et que l’idée d’un retour en région parisienne prit corps peu à peu pour finalement se concrétiser au bout de trois ans. Direction
12-PARIS XIIème
Pour squatter l’ancien appartement de la grand-mère et d’en être expulsé au bout de quelques mois. Grâce aux bonnes relations que j’avais avec la mairie communiste, j’obtins un logement à
13-GENNEVILLIERS
Ce fut la découverte d’une banlieue chaude ou pourtant nous n’eûmes jamais aucun problème, toutefois quand l’occasion se présenta, nous partîmes dans le “sud”, à
14-EVRY
Ville sans âme de la grande banlieue qui fit éclore en nous une allergie à cette environnement et une envie de repartir en province.Une opportunité professionnelle, et zou, direction la région Rhône-Alpes, précisément à
15-VIENNE
Nous avons découvert l’appartement le jour de l’emménagement et nous ne fûmes pas déçus. Un grand appartement à l’ancienne, au coeur de la ville, au pied de la cathédrale, sans doute notre meilleure expérience à ce jour. Puis, suite à une mutation, nous voilà remontés vers le nord, au-dessus de Lyon à 16-MONTMERLE SUR SAÔNE
Dans une petite maison de village avec jardin qui malheureusement était situé à l’étage ce qui nous amena à envisager un nouveau déménagement. Changement de département, nous voici en Saône et Loire, à
17-SAINT-SYMPHORIEN D’ANCELLES
Près de Mâcon. Nous y avons battu tous les records, puisqu’au bout d’un mois, nous repartions, suite à une proposition professionnelle difficile à refuser. Cette fois encore, direction le “sud”, mais cette fois le vrai, la Côte d’Azur, dans une ville à côté de Nice, à
18-CAGNES SUR MER
Petite maison avec jardin, au fond d’un lotissement très calme, proche de la côte et des commerces. Nous y étions bien mais le propriétaire ayant décidé de vendre, nous voilà contraint à chercher un autre logement. Ce sera à
19-CARROS
Cette fois, c’est une grande maison, sans jardin mais avec une courette à l’avant et une grande terrasse derrière. Un peu loin des commodités et du bord de mer. Je ne reviendrais pas sur les raisons qui nous ont fait quitter cette maison, mais me voilà résidant à
20-OUMT SOUK
Ne cherchez pas cette ville sur la Côte d’Azur, elle est bien sur les bords de la méditerranée, mais sur la rive en face. Puis, après pratiquement un an, retour à
21-CAGNES SUR MER
En fait dans l’appartement qu’occupait Colette pendant mes aventures chez les bédouins...Très sympa, mais trop petit, alors, tout en restant à
22-CAGNES SUR MER
Nous trouvons un logement plus grand et à 5 mn de la plage.
Nous semblions nous diriger vers un peu de stabilité, mais les événements en décidèrent autrement.
Une nouvelle fois, il fallait songer au départ, vers une nouvelle destination, à
23- 

Bon, faut que je vous laisse, les cartons ne vont pas se faire tous seuls.
Comment ?
Que dites-vous ?
Je ne vous ai pas dit quelle est cette destination ?
Ah oui, effectivement...
Alors, je vous propose un petit jeu : essayez de deviner. Envoyez votre réponse par la rubrique “envoyez moi un message”...
Dans quelques jours, je vous enverrai un indice.
D’ici là, prenez soin de vous.

lundi 21 janvier 2019

Adieu Aurore...

Samedi 5 janvier, 8H...
Le crématorium d’Angoulême...
Le plus douloureux de ces jours douloureux. 
Aurore va vraiment disparaître
Une petite assistance accablée de chagrin pour ces derniers instants.
Le cercueil disparaît dans le tunnel
Adieu Aurore
Désormais, chacun pouvait commencer son deuil...

Le soir, tous les amis et la famille ont décidé d'un dernier hommage, d'une réunion comme Aurore les aimait, pour une soirée d'hommages et de souvenirs...








Comme toujours quand ces amis sont ensembles, l'ambiance est chaleureuse et si une bonne humeur règne, si les rires fusent, Aurore est là, avec nous...
D'ailleurs oui, elle est là, dans nos coeurs...




samedi 19 janvier 2019

Jeudi 3 janvier 2019...

Jeudi 3 janvier 2019...

C'était une belle journée d'hiver, ensoleillée mais froide.



Devant la petite église Saint Barthélémy de Lussac, beaucoup de monde attendait pour assister à la cérémonie d'adieu à Aurore.

Le convoi est arrivé, chacun a pris place pour écouter le père Martial.

En juillet, il avait célébré le mariage d'Aurore et Alexandre, menant la cérémonie de façon peu conventionnelle en chauffant l'ambiance, mettant  joie et bonne humeur assez inhabituelles en ce lieu généralement bien plus austère.

Dans l'église, les amis, voisins, collègues d'Aurore et Alexandre avaient pris place. 
L'air vibrait d'une énorme émotion à laquelle le père Martial n'échappait pas. 
On a senti que ses premiers mots d'accueil passaient mal, comme-ci il avait encore en mémoire les images du mois de juillet et que, comme tout le monde, il avait du mal à accepter la réalité. Puis il a donné la parole à GUY qui a lu le texte qu'il avait écrit en mémoire de sa belle-fille...


"Elle s'appelle Aurore…
"Elle a 36 ans"…

Vous pouvez lire le texte de GUY ICI...

La cérémonie a continué avec diverses lectures, psaumes et la diffusion d'une chanson particulièrement émouvante de Jeff Buckley "Alléluia", 

Vous pouvez écouter cette chanson ICI...

Puis, tandis que les participants défilaient pour bénir le cercueil, d'autres textes étaient lus….
Celui de PATRICIA, son amie de jeunesse :


"Ma plus jolie phalène s'en est allée"….

Vous pouvez lire le texte de PATRICIA ICI...

Celui choisi par sa sœur NATACHA :

"L'amour ne disparaît jamais"…

Vous pouvez lire le texte de NATACHA ICI...

Celui écrit par son frère "DG" fut lu par le père Léonard.


"Au réveil où la réalité nous rattrape"...

Vous pouvez lire le texte de "DG" ICI...

Enfin, c'est KHADY l'une des plus proches amies qui nous parla un long moment d'Aurore

La cérémonie, très simple mais tellement émouvante, se terminait avec une chanson de Mylène Farmer qu'Aurore appréciait particulièrement.

Vous pouvez écouter cette chanson ICI...

A la sortie de l'église, le cortège s'est formé en direction du cimetière. 
Pas d'inhumation aujourd'hui, Aurore avait exprimé la volonté d'être incinérée et l'urne contenant ses cendres sera déposée dans la stèle qui sera prochainement érigée. 
Toutes les gerbes et les fleurs furent déposées sur l'emplacement où Aurore reposera, chacun se recueillant dans un long hommage silencieux.



Ensuite, direction la salle communale pour partager une collation et dans une ambiance chaleureuse, chacun évoquait un souvenir personnel, une anecdote...

Cependant, il restait encore un moment difficile à vivre, l'incinération. Pour des raisons pratiques, celle-ci ne pouvait avoir lieu après la cérémonie mais seulement le samedi suivant...

Ami lecteur, si tu as un petit moment, recueille-toi et pense à elle...


Elle s'appelle AURORE...
Elle a 36 ans...

Vous pouvez lire le livret de la célébration ICI...

mardi 1 janvier 2019

Et 2019 vint...

Et 2019 vint...
Forcément, c'était attendu.
Le réveillon est un moment de joie partagée où chacun oublie pour quelques temps les soucis de la vie quotidienne.
Pour nous, cette fin d'année était à mille lieues de nos préoccupations car il nous manquait quelque chose… 
Ou plutôt quelqu'un...
Dimanche 30, dans un ultime effort qui a épuisé toutes ses dernières forces pour passer la soirée de Noël avec nous, Aurore s'en est allée.
Elle était au bout du bout et hélas, son extraordinaire volonté qui l'avait portée jusque-là n'a plus suffit pour résister à cette saloperie de maladie qui la dévorait depuis des mois.
Même s'il était attendu, son départ nous a laissé anéantis, incrédule devant ce vide immense qui s'est brusquement créé autour de nous.
Alors bien sûr, dans ces conditions, ce réveillon était loin de nos préoccupations….
Mais c'était compter sans eux !
Eux, ce sont ses amis, une bande formidable de femmes et d'hommes, principalement issus du domaine militaire et complices de tous les instants.
Dès la maladie connue, ils se sont mobilisés pour apporter leur soutien. Un soutien inconditionnel, sans failles, 
De jour comme de nuit, 

Jusqu'au dernier moment, 
Jusqu'au dernier souffle de vie…  
Alors ils ont décidé de tous se réunir pour finir l'année ensemble, pour chasser les ténèbres et que la vie triomphe.
Tout le monde s'est retrouvé chez Mickey, y compris tous les enfants.
Dans le garage où était dressée une grande table pour accueillir tout ce monde, il s'est passé quelque chose d'extraordinaire. 
Une incroyable chaleur humaine, des ondes d'amitiés qui enveloppaient tous les participants.
On a bu (avec modération), mangé (copieusement) et ri (sans retenue) …
Parce qu'Aurore l'aurait voulu
Parce qu'à tout instant de la soirée, elle était présente dans chacun des participants, son âme emplissait la pièce….
Au moment où l'horloge sonnait ses 12 coups, annonçant ainsi le passage dans la nouvelle année, un formidable moment d'émotion nous a tous submergé, chacun s'est rapproché et c'est serré les uns contre les autres, dans une énorme accolade, que nous avons basculé en 2019…
Sous le regard d'Aurore qui nous souriait….

Les mots nous manquent pour exprimer notre reconnaissance à toutes ces femmes et ces hommes, Manu, Sandrine, Gwen, Khady, Julie, Patrice, Didier, Mickey, Sylvain, et toutes celles et ceux qui bien qu'absents ce soir pensaient très fort à nous. 
Ils étaient tous là avant, ils étaient tous là pendant et sans aucun doute, ils seront tous présents après…
Alors, nous nous contenterons d'un mot, d'un seul :
MERCI
Alexandre, Gabriel, Matïas, Colette et Guy...

mercredi 26 décembre 2018

Noël 2018...

JOUR J-1

Noël arrive….
C'est le jour le plus attendu de l'année, par les petits comme par les grands.
Les petits ont hâte de savoir si le Père Noël a bien pris en compte leur demande et va leur apporter tous les cadeaux espérés.
Pendant quelques heures, les grands oublieront leurs tracas quotidiens et retrouveront leur âme d'enfant à travers les yeux de leur progéniture. 
On règle les derniers détails, on fait les derniers achats en essayant de ne rien oublier, il faut que tout soit parfait.
Les victuailles dans les frigos et congélateurs, les bonnes bouteilles alignées sur le buffet attendent le moment de passer sur la table richement décorée autour de laquelle toute la famille sera réunie.
Ce soir, tout le monde filera au lit, impatient de vivre ces bons moments.

Nous aussi nous sommes impatients d'être à demain. 
Ce jour que nous n'espérions pas atteindre. 
Et pourtant, il est là, et nous sommes maintenant certains que nous fêterons ce Noël ensembles….

JOUR J

Le jour s'est levé. Il fera gris et humide toute la journée, mais tout le monde s'en moque, c'est Noël. Plus que quelques heures à attendre avant d'attaquer les festivités. 
Chacun s'affaire en espérant n'avoir rien oublié. Les paquets sont placés sous le sapin illuminé, les bouteilles se débouchent, les verres se remplissent, on y est, c'est parti pour la plus belle nuit de l'année...

La journée nous a paru interminable, mais tout arrive et c'est le moment de fêter Noël.
Nous sommes tous montés dans la mezzanine, là où Aurore vit, allongée sur son lit, reliée par des tuyaux aux poches qui la maintiennent tant bien que mal en vie.
Nous nous installons autour de la table basse. Voici l'apéritif, classique, whisky, pastis, coca pour les enfants. Pour l'accompagner, gougères de fromage, petits feuilletés d'escargots et pistaches. 
Notre assiette sur les genoux, nous passons au repas :
Notre repas de réveillon est prêt :
-Rôti de bœuf
-Pommes noisettes
-Fromages
La télévision fonctionne en sourdine, c'est le fameux bêtisier de Noël…Les conversations vont bon train.
De son lit, Aurore nous observe de ses grands yeux qui lui mangent le visage. Elle est attentive à ce que nous disons, on dirait qu'elle ne veut pas perdre un fragment de ce qui se passe autour d'elle, elle veut, telle une éponge absorber ces ondes bienveillantes dont elle sent la pièce saturée, profiter des rires de ses enfants.
 Mieux, elle participe de temps en temps, répondant aux questions qu'elle entend, comme lorsqu'elle nous donne le nom d'un animateur qui nous échappait*. Et parfois, l'ombre d'un sourire semble éclairer son visage. Le bonheur d'être ensemble pour cette soirée est palpable, il règne une douce ambiance presque euphorique.
Alors pour un instant, pour un instant seulement, on se dit que ce soir, la maladie a perdu, qu'elle s'est retirée dans un coin sombre d'où, on le sait malheureusement, elle attendra patiemment pour faire son retour.
Ainsi s'est passé notre réveillon.
Et s'il ne fut pas le plus heureux, il fut assurément le plus chaleureux des réveillons…

JOUR J+1

C'est déjà fini…
Tant attendu et si vite passé. Noël fuit déjà dans notre rétroviseur.
Ce matin, il a fallu ré-attelé, reprendre le chemin du travail, plus ou moins en forme, mais avec le souvenir de ces bons moments, les sourires émerveillés des enfants...
Il reste quelques jours à passer avant de remettre ça, dans un autre style, pour la fin d'année…

Aujourd'hui, c'est très difficile. 
Aurore a puisé dans ses maigres forces pour cette soirée de Noël. C'était son objectif, tout son être s'est battu pour l'atteindre et être là avec sa famille pour cette nuit sacrée. 
Mais elle a brûlé énormément du peu d'énergie qu'elle a encore en elle. Ses forces déclinent clairement. L'infirmière est pessimiste…
La journée nous semble longue, longue…

JOUR J+2

Aurore a surmonté son passage à vide. Elle va mieux ce matin.
L'infirmière n'en revient pas de sa capacité de résistance.
Combien de temps encore sa volonté la portera-t-elle ?
S'est-elle fixée comme objectif de passer la fin de l'année avec nous ?
Son corps a-t-il encore la capacité de la porter jusque là ?
Impossible de répondre à ces questions dont elle seule détient la réponse.
Nous attendons, impuissants……

J'espère qu'avec vos proches vous avez passé un bon noël.
Profitez d'eux, dites leur que vous les aimez avant qu'il soit trop tard pour le faire où qu'un destin malveillant vous les retire...
Profitez des dernières heures de cette année 2018 que nous allons quitter sans regret, bonne fin d'année et surtout, surtout, prenez soin de vous...



*C'était Thierry Beccaro ! 

vendredi 9 novembre 2018

Avant ou...après ?

Dans ce billet, inspiré d'un panonceau apposé sur des toilettes publiques,  je vais aborder une question philosophique qui agite le microcosme depuis toujours.
Je précise que le sujet d'aujourd'hui concerne directement et uniquement les hommes, du moins sous cet aspect…

Posons le problème : doit-on se laver les mains APRES être passé aux toilettes ?

La question peut paraître anodine et le réponse évidente, en réalité c'est un sujet extrêmement complexe. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer le comportement des hommes se rendant aux toilettes, et quel meilleur endroit pour mener cette enquête que les pissotières bondées d'une aire d'autoroute ? De mes observations personnelles, il ressort que les pisseurs peuvent être classés en 4 catégories. 

Commençons par un petit cours pratique. 
Que se passe-t-il quand un homme entre dans un lavatory ? Tout d'abord, il repère du regard l'urinoir qui lui convient, c'est à dire celui qui ne se trouve pas à côté d'un autre déjà occupé, ceux se trouvant en angle étant les plus recherchés. En effet, les séparations
ne  sont pas toujours très hautes et on a souvent une vue plongeante sur ce qui se passe à côté. C'est la raison pour laquelle certain préfèrent l'intimité d'une cabine où ils s'enferment à double tour, à l'abri des regards indiscrets. 

Arrivé devant l'urinoir, l'homme abaisse sa braguette et plonge la main dans son pantalon à la recherche de ce qu'il faut bien appelé sa bite. Il l'a sort précautionneusement, généralement en la tenant entre le pouce et l'index, parfois avec un léger fléchissement des genoux pour aider à la manœuvre, puis la décalotte car il faut être décalotté pour uriner proprement, sinon c'est l'arrosage dispersif assuré, le pantalon et les chaussures n'en sortiront pas indemnes...

L'homme qui urine garde la tête bien droite en observant avec attention le carrelage, les pastilles de désinfectant au fond du sanitaire, voire son jet, mais en aucun cas il ne regarde ce qui se passe à côté, le tout en silence. L'homme qui pisse ne parle pas.
Une fois sa miction terminée, il secoue vigoureusement son engin et le rengaine avec toujours ce petit mouvement de fléchissement des genoux.

C'est à ce moment que nous entrons dans le vif du sujet :



-Ceux qui se lavent les mains après : 

Qu'y-a-t-il de sale dans tout ça ? A moins d'être un gros dégueulasse, le contenu de votre slip est général propre. En tout cas, il est au moins autant sinon plus que le cuir chevelu par exemple. Or, vous lavez-vous les mains après vous êtes gratté la tête ? 
Reste la possibilité de s'être pissé un peu sur les doigts, ce qui n'a rien de sale. Si l'urine n'est pas stérile, elle contient très peu de microbes.
Donc, se laver les mains APRES avoir uriné ne présente aucune obligation sanitaire, sauf à se rincer les doigts si vraiment vous vous êtes pissés dessus.
C'est juste politiquement correct, la peur d'être regardé de traviole si vous ressortez directement sans passer par la case lavabo.
Par contre, si vous vous vous lavez les mains, faites attention en sortant. Ne prenez pas la poignée de la porte à pleines mains, vous recueilleriez les bactéries éventuelles qui s'y trouvent, déposées par ceux qui ne se sont pas passés au lavabo et ruineriez ainsi l'effet du lavage…

-Ceux qui se lavent les mains avant :

Se laver les mains avant peut surprendre, pourtant en y réfléchissant ce serait bien plus logique. En effet, avant d'entrer dans les toilettes, vos mains se sont souillées de bactéries voire de virus qui grouillent tout autour de nous, en serrant d'autres mains douteuses par exemple, ou en touchant des rampes d'escaliers, en feuilletant des revues chez le médecin, bref, ces bébêtes sont un peu partout. Si on part du principe que vos parties intimes sont propres, il serait donc souhaitable de laver vos mains avant de les toucher. Or rares sont ceux qui se lavent les mains.

-Ceux qui se lavent les mains avant ET après :

Tout ce qui précède reste d'actualité, mais certains hypocondriaques estiment que se tripoter le zizi exige de se laver vigoureusement les mains aussi bien avant qu'après afin de ne prendre aucun risque. Là, on n'est pas loin du TOC… Et je me demande comment font ceux-là lorsqu'ils se soulagent le long d'un arbre, ce qui arrive souvent à tout homme
normalement constitué…
Et imaginez l'horreur pour eux lorsqu'au bureau, à la sortie des toilettes, un collègue leur tend la main avec un grand sourire...

Essayons de tirer une conclusion. 

On voit que sur le strict point de vue de l'hygiène, le lavage des mains après avoir pissé ne présente aucune obligation, on peut très bien s'en passer sans pour autant mettre sa santé en danger. 
 Alors pourquoi l'idée que le sexe est sale est-elle si largement répandue ? 
Faudrait-il chercher du côté de cette sacro-sainte éducation "judéo-chrétienne" qui nous fait croire que dans notre société tout ce qui touche au sexe est tabou ? 

A vous de voir…

Quant à moi, je vais réfléchir tranquillement à mon prochain billet où j'aborderai cette autre question existentielle :